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​Le Darien 

Le Darien :

 

Direction le Darien qui est la partie la plus Colombienne du Panama. Ici on parle pour les transports de Chiva, pour la monnaie on dit Peso, on parle le Castillano, tout le monde possède des coqs de combat, tout le monde fume etc… Et de fait quasi toutes les personnes que j’ai rencontrées me disent que leurs parents ou grands-parents ont fuient la Colombie au moment de la guerre civile (La Violencia 1948-1953) ainsi que la majorité des indigènes.

C’est une vallée bordée à droite et à gauche par une cordillère qui donne sur les 2 façades maritimes et qui finit par le fameux bouchon de Darien, à la frontière colombienne. Région d’élevage de bovidés et donc de culture vaqueros (cow-boys). Il y a 3 Comarcas : 2 Emberá/Wounaan (cf plus loin) et 1 Gunas des montagnes

Si vous n’avez pas beaucoup de temps vous pouvez vous rendre depuis la capitale au village de Puerto-Lara et rencontrer la communauté des indigènes Wounaa. On n’est pas directement dans la Comarca mais dans un village communautaire reconnu par l’état. Ils ont emménagé un centre communautaire traditionnel avec accolé quelques logements basiques pour les touristes. Ils vous feront visiter avec un guide une partie de la cordillère sur un chemin facile et pour une fois non spongieux si bien que l’on peut marcher les yeux sur les cimes. Belle marche ornithologique avec perroquets et toucans à foison, superbes trogons à queue noir, pirangas à tête rouge et coté mammifères capucins à tête blanche et singes hurleurs. Juste en face du village il y a aussi une superbe mangrove fluviale de palétuviers rouges, qui reste pour moi parmi les plus belles mangroves, avec des arbres de plus de 10m et ses racines cathédrales. Vous pourrez acheter directement auprès des habitants les fameuses vanneries Wounaan et ainsi aider la communauté.

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Si vous avez plus de temps et voulez partir à l’aventure en vous enfonçant plus profondément dans le Darien, direction en bateau fluvial la ville de La Palma, par le port de Puerto Quimba, et qui est le centre névralgique de la région permettant de rejoindre en bateau les nombreux villages le long des fleuves. Les maisons sont sur pilotis et en bois peint de couleurs vives. La population est constituée principalement des descendants de cimarron (esclave fugitif).

De là on se dirige en bateau, pour se rendre dans la région de la Comarca Embera par Puerto Sambu. Le trajet vaut à lui seul le déplacement : d’abord sur le fleuve qui fait 3 fois le Rhône, puis son embouchure parsemée d’ilots karstiques et on rentre dans la mer direction une baie et l’estuaire du rio Samba que l’on remonte pendant 30 mn et qui est bordé par une mangrove intacte.

Village qui entoure une piste d’atterrissage et qui sert de lieu de magasinage pour toute cette région. On peut rejoindre directement ce village depuis Panama avec un vraquier, qui amène essence et marchandise et repart avec fruits et légumes, une fois par semaine et 10 heures de trajet.

Toute cette plaine est en forme de fer à cheval délimitée par une cordillère qui est une réserve de biodiversité et juste derrière commence le Parc International du Darien. C’est une zone de colons originaires de Colombie pratiquant l’élevage de zébus vu l’humidités et les pieds dans l’eau. Alors que du côté de la réserve indigéne point d’élevage mais de l’agriculture de sous-bois avec bananiers, caféiers, yuccas et avocatiers. Peu de forêt vierge mais beaucoup de perroquets et d’oiseaux de milieu ouvert, mais aucun Arras ni singe et peu de mammifères. Il faut rejoindre la cordillère ou le parc Darien pour une observation de la faune endémique. Ici les urubus (vautours), se comportent comme des pigeons, ils sont au sol et ne craignent ni les humains ni les chiens et vivent côte à côte avec les poules !!

De ce village partent 3 routes qui mènent à :

  • Bayamon qui est dans la Comarca Embera et vous permettra de visiter le village avec l’habitat en bois sur pilotis des indigènes et d’échanger avec eux en espagnol, comptez 1h30 de marche et retour en moto-taxi.

  • El Tigre à travers la réserve qui vous permet de traverser des zones de forêt primaire avec de nombreux Toucans Tocard, les villages indigènes et les zones d’agriculture de sous-bois, mais longue marche + 4h minimum et retour en moto-taxi

  • Garachiné qui se trouve de l’autre côté de la baie et qui est peuplé de cimarrons par une mauvaise route boueuse avec franchissement des rivières à gué et plus d’une heure et demie en moto-taxi. De là vous pourrez reprendre un bateau de passagers à l’aube qui vous emmènera directement au port de Puerto Quimba puis un transport par van jusqu’à la Panaméricaine et retour sur Panama-city

  • Vous pouvez vous rendre dans la cordillère qui borde la plaine et visiter le Corredor Biologico Serrania del Bagre avec l’aide d’un guide Embera mais vous devez parler espagnol. Si vous voulez traverser la cordillère pour rejoindre Le Parc international du Darien c’est une vraie expédition donc il vous faut le matériel adéquate avec guide et porteur pour rejoindre le village de Tucuti. Il est beaucoup plus facile de si rendre par El Real

  Plusieurs remarques sur cette région :    

  • Dans tous les villages il y a l’électricité et des connections mobiles sinon pour les pueblos Embera connections par Starlink.

  • Vous trouverez à vous loger car il y a toujours des chambres pour les fonctionnaires et techniciens d’opérateurs téléphoniques/d’électricité en déplacements dans la région

  • Même dans ce bout du monde ce sont les Chinois qui tiennent les commerces

  •  Vous l’aurez compris les déplacements se font principalement en bateau car il n’y pas de route mais au pire des chemins

  • Les cimarrons (esclaves fugitifs) que vous rencontrerez sont les descendants des esclaves qui se sont enfuis de l’archipel de Las Perlas où ils étaient asservis pour la pêche aux huitres perlières

  • Les fameuses pistes d’atterrissage que vous croiserez dans le Darien mais aussi dans l’archipel de Las Perlas ont été construites et utilisées par les trafiquants Colombiens dans les années 80 à 2000 pour les ravitaillements des avions de transport de cocaïne, qui faisaient de sauts de puce jusqu’au Mexique leur permettant de transporter de plus grandes quantités de drogue. Depuis, jusqu’à la piste même au milieu de nulle part, il y a des postes militaires et le trafic de drogue s’est déplacé vers d’autres moyens de transport, donc pas de crainte à avoir.

  • Dès que les locaux aperçoivent un iguane terrestre dans un arbre, ils rentrent en quasi-transe ou ils vont passer un moment à essayer de le capturer (j’ai vu des scènes comiques) c’est leur mets favori dont les parties les plus réputées et savoureuses sont les testicules.

  • Mon avis :

Si vous avez du temps et plutôt dans l'aventure avec l’observation de la faune et flore de cette foret unique qu’est le Darien ainsi que la rencontre des peuples indigènes dans leur milieu naturel

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